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Être belle, écolo et économe : Vers une routine beauté zéros déchets

Agir pour l’environnement depuis sa salle de bain, c’est possible !

Déforestation, amincissement de la couche d’ozone, déséquilibre de la biodiversité, changement climatique… Pour tenter d’éveiller les consciences, 15 364 scientifiques de 184 pays se sont entraidés pour écrire le manifeste « L’alerte des scientifiques du monde à l’humanité: un deuxième avis » publié le 13 novembre 2017 dans la revue BioScience. Parmi les enjeux évoqués, l’impact de nos cosmétiques sur l’environnement, aussi bien par leur contenant que par leur contenu, est catastrophique. Mais à votre échelle, vous pouvez aussi agir pour le bien de la planète et ce, directement depuis votre salle de bain !

Une industrie énergivore et polluante

130 milliards d’euros, c’est le chiffre d’affaires que représentent les ventes de produits cosmétiques dans le monde. 80 milliards rien que pour l’Union Européenne, menée par la France avec près de 25 milliards d’euros. Des chiffres qui ont doublé depuis 1950. 360 gels douche, 650 shampoings et après-shampoings, 120 produits de maquillage, 30 tubes de crème solaire… C’est le nombre de produits qui se vend chaque minute dans l’hexagone. Des chiffres aussi faramineux que leur impact sur l’environnement. Dans une étude publiée en ligne pour l’Écolabel Européen, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a tiré la sonnette d’alarme : Les cosmétiques à rincer que nous utilisons quotidiennement sont majoritairement nocifs pour notre planète et ce, dès leur processus de fabrication. 

En cause, une trop importante quantité de matière utilisée pour les emballages, des matériaux synthétiques non respectueux de la planète, un quotient recyclable souvent proche de zéro et des ingrédients qui semblent destinés à décimer petit à petit notre faune comme notre flore. Beaucoup de ces composants que nous rinçons sont non biodégradables et bien souvent tagués polluants aquatiques. La majorité des ingrédients utilisés dans les cosmétiques dites « de grandes surfaces » sont d’origine synthétique, issus pour la plupart de la pétrochimie, voire de la chimie lourde. Sur l’étiquette, nul n’est fait mention de leur impact écologique. Mais si les multinationales du secteur mettent de plus en plus d’efforts dans ces combats majeurs de notre époque, sachez que vous pouvez aussi protéger la planète, sa faune et sa flore, sans pour autant renoncer à votre routine beauté. Pour vous aider dans vos premiers pas vers le zéros déchets, on vous avait déjà donné 10 réflexes écolo à adopter en général. Eh bien voici quelques exemples d’actions concrètes à mener au quotidien dans votre salle de bain, à travers 10 commandements aussi économiques qu’écologiques. Car petits ou grands, vos efforts ont tous leur importance et leur nécessité. 

1. Je recycle mes aliments en produits de beauté 

  • Marc de café : Ne jetez plus votre marc de café ! C’est un parfait exfoliant naturel. Il permet de débarrasser la peau de ses cellules mortes et d’affiner notre grain de peau. Sur le corps ou sur le visage, on frotte délicatement pour retrouver une peau de bébé. Il a également un effet tenseur contre les cernes. Idéal pour les matins de grande fatigue !
  • Fruits, légumes et oeufs « passés » : Fini de jeter les fruits et légumes abimés ou les oeufs périmés, ils peuvent toujours servir ! Une banane ou un avocat trop mûr se mélange rapidement avec du miel et / ou un oeuf pour un masque visage ou cheveux hydratant et très nourrissant ! À laisser poser minimum 15 minutes, sans oublier de mettre les peaux au compost pour du zéros déchets optimal ! L’oeuf fera également un très bon shampooing de secours !

2. Je transforme ma cuisine en institut

  • Huile de coco / Huile d’olive : Vous vous en servez probablement tous les jours en cuisine sans jamais avoir pensé à l’utiliser dans votre routine beauté. Pourtant, l’huile végétale a bien des propriétés. Soin des pieds, des mains, en soin visage de nuit, contour des yeux, masque avant shampooing pour les cheveux, baume à lèvres, démaquillant etc… L’huile de coco s’utilise même en bain de bouche ou en dentifrice ! Que ce soit l’huile d’olive ou de noix de coco, elles sont multi-usages et donc économiques, puisqu’elles remplaceront nombre de vos produits de beauté. On les achète bio, pressées à froid, non-désodorisées, non raffinées et provenant du commerce équitable, c’est le must !
  • Bicarbonate de soude : En nettoyant pour votre maison, en cuisine pour de bons gâteaux bien gonflés, mais aussi… En dentifrice blanchissant et anti-mauvaise haleine une fois / semaine, en déodorant mélangé à un peu d’eau pour former une pâte à frotter sous les aisselles, en gommage du cuir chevelu pour lutter contre les pellicules, en masque rééquilibrant pour le visage, en gommage pour mains et pieds…
  • Miel : Les vertus du miel ne se retrouve pas que dans notre assiette. Cicatrisant, antioxydant, antiseptique, énergétique, hydratant… Ses propriétés sont innombrables ! En masque express ou profond, il va permettre d’hydrater et d’adoucir les peaux sèches, de nettoyer et soigner les peaux grasses et acnéiques, mais aussi de nourrir et hydrater tous les types de cheveux. 

  • Sucre et sel : Vous avez toujours trop de sucre et de sel dans votre placard ? Transformez-les en gommage doux pour la peau et les cheveux ! Mélangés à un oeuf et / ou du miel, ils illumineront la peau de votre visage et rafraichiront votre cuir chevelu ! Résultats garantis !

3. Je fabrique un shampoing solide

Vous n’aviez jamais pensé au shampooing solide ? Pourtant un palet de shampoing équivaut à trois bouteilles de shampoing liquide, soit l’équivalent de 80 lavages de cheveux au minimum. Plus naturel, il ne contient ni conservateurs, ni silicone, ni colorants et vous évite surtout l’achat d’une nouvelle bouteille en plastique qui se retrouvera peut-être au fin fond de l’océan. Si vous pouvez en trouver facilement dans le commerce, le must reste de le fabriquer vous-mêmes !

Et ça tombe bien, on a sélectionné pour vous une recette parfaite concoctée par Les Cheveux D’O, qui ne nécessite que quatre ingrédients ! Elle vous en explique la composition comme l’utilisation et croyez-nous, vous n’aurez aucune envie de repasser au shampooing liquide.

Si vous trouvez les vidéos plus ludiques, rendez-vous sur la chaîne YouTube de Naturellement Lyla, qui exécute sa recette très simple pas à pas. 

Coût de revient : 2,50€ pour un shampoing solide de 100g qui peut durer jusqu’à 5 mois !

Où les acheter si manque de temps ou d’envie ? En magasin bio, on les choisit avec un emballage recyclable et avec appellations contrôlées ou en ligne chez les petits producteurs comme Lamazuna ou Becose.

4. J’adopte la coupe menstruelle 

En 2018, l’hygiène féminine ne devrait plus être un sujet tabou. D’autant plus de par l’impact désastreux de nos protections quotidiennes. D’après le livre Flux: l’histoire culturelle de la menstruation, co-écrit en 2009 par Elissa Stein et Susan Kim, une américaine jette en moyenne à la poubelle, entre 100 et 150kg de serviettes, tampons et applicateurs pendant ses années fertiles. Et c’est sans parler de l’effet néfaste des tampons sur notre santé, qui peuvent aller jusqu’à provoquer un Syndrome du choc toxique. Mais il existe des alternatives ! Et la plus respectueuse de l’environnement reste la coupe menstruelle, qui, croyez-le ou non, existe depuis les années 1930 !

Pratique : La cup est bien moins encombrante que les serviettes et tampons. Protégée dans sa pochette spéciale, elle se glisse discrètement dans un sac à main et peut se porter jusqu’à 12h, du matin au soir en rentrant du travail. Elle est également presque invisible une fois insérée !

Écologique : Réutilisable, elle ne produit pas de déchets réguliers et son utilisation est donc très peu polluante. De plus, le silicone est recyclable dans le cadre du tri sélectif. 

Menstrual cup

Hygiénique et respectueuse de la flore vaginale : La cup est souvent composée de silicone médical hypoallergénique, sans danger pour les muqueuses qui tapissent l’intérieur du vagin. La coupe menstruelle n’absorbe pas le flux menstruel, elle le retient simplement. Le sang recueilli se retrouve à l’abri de l’air et, par là, du développement bactérien, ce que vous ne manquerez pas de remarquer immédiatement sur le plan olfactif.

Inconvénients : Il est nécessaire de se trouver près d’un point d’eau pour la vider ou, dans le pire des cas, être muni de lingettes biodégradables. Certaines femmes peuvent également ne pas être à l’aise à la vue de leur propre sang ou trouver des difficultés au moment de la pose / dépose. Dernier point, une bonne hygiène est nécessaire pour protéger complètement contre les risques de choc toxique.

Coût de revient : Si le prix d’une cup varie en moyenne d’une dizaine à une trentaine d’euros, elle s’utilise pendant 5 à 10 années selon les modèles. Une somme dérisoire face au 3500 € dépensés en moyenne en produits jetables dans la vie d’une femme.

Où les acheter ? En pharmacie, en magasin bio et même en grandes surfaces désormais, puisque les marques Intima ou Be’Cup ont développé leur propre gamme.

L’alternative : Les serviettes lavables sont également une bonnes options si vous ne vous sentez pas prête à passer à la coupe et bonne nouvelle, vous pouvez même apprendre à les faire vous-même ! Sur son blog, Aline propose un tutoriel pour coudre ses propres serviettes hygiéniques à la main, plus d’excuses pour ne pas vous lancer !

5. J’abandonne cotons, lingettes et rasoirs jetables

Très énergivores à produire, d’une durée de vie très courte et rarement recyclables, les objets jetables sont bien souvent plus chers et toujours plus polluants. Par exemple, la fabrication de 2800 rasoirs jetables requiert la même quantité d’essence qu’une petite voiture sur 100km. 4 milliards sont vendus par an, on vous laisse faire le calcul. Or, il existe des alternatives bien plus saines pour notre chère planète et pas forcément plus coûteuses !

Les cotons et lingettes lavables : Pour se démaquiller sans déchet, on passe aux disques démaquillants lavables, en fibre végétale, qui s’utilisent exactement de la même manière que les cotons à usage unique. Après utilisation, ils se lavent en machine avec le linge de maison. Autre alternative excellente pour la peau : L’éponge Konjac ou les gants micro-fribes, qui ne nécessitent qu’un peu d’eau et donc pas de produits nettoyants ! À bien laver après chaque utilisation.

Le rasoir de sécurité : Fini de jeter des tonnes de plastique ! Si on ne supporte vraiment pas les poils, on s’arme de lames recyclables Double Edge ou des lames universelles, à changer tous les deux mois et facilement démontables et nettoyables.

Coût de revient : En moyenne 6€ pour un set de lingettes lavables, un gant microfibre ou une éponge Konjac. C’est environ 85€ d’économisé sur cinq ans. 35€ pour un rasoir + 8€ pour 10 lames, sur cinq ans, on récupère 30€, mais comme on dit, il n’y a pas de petites économies pour l’environnement !

Où les acheter ?  Pour faire d’une pierre deux coups, tout est disponible en ligne chez Hakuna Taka. Pour des alternatives encore plus économiques, on shoppe son rasoir chez Barbe verte. Chez Fibao pour le gant microfibre. Chez Mademoiselle Bio pour l’éponge Konjac et mieux encore, on fabrique ses propres lingettes jetables avec quelques coups de dès à coudre. 

6. J’utilise un savon solide écologique

Selon l’agence locale de l’énergie de Grenoble, un foyer composé de quatre individus génère près de 3 kg de déchets plastiques par an par la seule utilisation de gel douche ! Sans compter sur leur composition souvent douteuse et leur emballage quand ils sont bio, vous aurez vite fait d’adopter le savon biodégradable à la maison !

Avantages : Les savons solides saponifiés à froid contiennent moins, voir pas de substances toxiques, très doux et riches en glycérine, ils hydratent et adoucissent la peau. Ne contenant pas d’eau, ils sont plus écologiques et se gardent plus longtemps sans pour autant contenir de conservateur. Ils sont zéros déchets et petit plus, idéal pour voyager !

Inconvénients : La crainte principale des consommateurs est qu’un savon solide qui sèche à l’air donne libre cours aux bactéries ! Eh bien non, puisqu’ils sont sous forme solide, ils ne contiennent pas assez d’eau pour que les bactéries se développent de manière exponentielle. L’astuce étant de bien le laisser sécher dans un porte-savon, efficace pour éviter une stagnation dans une petite flaque d’eau. 

Coût de revient : Si les savons bio sont parfois plus chers à l’achat, l‘économie est réalisée sur le long terme, puisque sa durée de vie est rallongée. Un gel douche s’utilisera en moyenne un mois, contre trois mois pour un savon solide.

Où les acheter ? Idéalement saponifiés à froid, on les achète à la découpe chez les petits producteurs avec appellations contrôlées ou mieux encore, on apprend à le fabriquer soi-même !

7. L’aloe vera devient mon meilleur ami 

Si vous ne la trouvez généralement pas dans votre cuisine, l’aloe vera est une plante composée de plus de 150 actifs, dont des minéraux comme le zinc et le sélénium et des vitamines C, E, B ! À toujours avoir à portée de soi, ses utilisations sont multiples :

  • En crème hydratante grâce à ses actifs réparateurs et anti-âge.
  • En soin apaisant contres les irritations, les coups de soleil ou même après l’épilation.
  • En soin capillaire contre les pellicules et les excès de sébum.
  • En démêlant et soin sans rinçage contre les pointes sèches.
  • Pour aider la cicatrisation des petites plaies ou coupures.

Où l’acheter ? En magasin bio, en faisant attention à sa composition et sous appellations contrôlées ou encore mieux, en le fabriquant soi-même grâce à ce tutoriel en achetant directement les feuilles bio.

8. Je découvre une nouvelle brosse à dents

La brosse à dents fait partie de cette catégorie d’articles dans la zone grise du recyclage. On a tendance à croire qu’étant faite de plastique, elle serait recyclable. La réponse est non et elle participe à son lot de pollution. Mais jusqu’ici, aucun moyen de s’en passer, il faut donc réfléchir à un achat plus écologique. Le meilleur ratio reste la brosse à dents en bambou, même s’il y a d’autres alternatives un peu moins écologiques comme la brosse faite de plastique recyclé.

Avantages : Le manche en bambou est à croissance rapide, compostable et peut même être utilisée comme marqueur dans les plates-bandes dans un optique zéros déchets. Les poils sont généralement faits de nylon et donc recyclables. Certaines compagnies proposent même des manches issus du commerce équitable.

Inconvénient : Elle ne se trouve pas dans tous les commerces proposant des produits d’hygiène et la meilleure façon de s’en procurer reste sur Internet.

Coût de revient : Elle est légèrement plus chère qu’une brosse standard mais de très peu, puisque par pack de 4, son coût de revient est de 10€/an !

Où les acheter ? En ligne, en magasin bio et désormais même en grande surface !

9. Je prolonge la vie de mes produits de beauté 

Un réflexe tout simple : Conserver eaux florales, gel d’aloe vera et huiles végétales au frigo va largement prolonger leur durée de vie. C’est valable aussi pour les crèmes, sérums, masques visage et cheveux de vos marques naturelles préférées. Et en plus, l’effet rafraîchissant doublera les bénéfices ! Attention, les masques et gommages faits maison dit « one pot » doivent être utilisés en usage unique et ne peuvent pas être conservés pour une utilisation future.

10. La vérité sur les cosmétiques devient ma bible 

Que ce soit dans vos cosmétiques maison ou dans les produits bio, si vous n’êtes pas encore à cette étape, il va vous falloir éviter un nombre inimaginable d’ingrédients dommageables pour l’environnement. Des chercheurs américains avancent qu’un huitième des 82.000 ingrédients entrant dans la composition des produits de soins personnels sont des produits chimiques industriels qui comprennent cancérigènes, pesticides, toxines reproductives, plastifiants et dégraisseurs.

Il est donc recommandé de regarder attentivement la liste d’ingrédients sur votre nouveau shampoing solide ou savon bio ! Pour cela, rien de plus facile désormais grâce au site internet : La vérité sur les cosmétiques. Entrez la liste des ingrédients INCI, l’algorithme vous donnera toutes les contre-indications ou vous dira si, au contraire, le produit est parfaitement clean !

Rédigé par Laëtitia

Laetitia, 27 ans, rédactrice web et journaliste, fabrique ses propres cosmétiques, dévore 10 livres par semaine et devient une super-héroïne dès que son esprit se relâche.

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